à Claude Berge


Prenez ces mots

prenez ces vers dans votre main

Et réchauffez leur cœur battant

jusqu’à demain

Loquence

académique on t’ a tordu le cou

Et te voilà soumise

au carcan au licou

Loin des verts paradis au fond d’un gouffre

amer

L’

Espoir désespérant la mémoire et la mer

Emporte toujours

tout au profond de l’oubli

L’ art qui désespérait de mourir

dans son lit

L’ alexandrin crucifié sur la césure

Ô ma muse

amusée amusez-vous sans moi

Que mon âme enfiévrée dorme

enfin sans émoi

D’un sommeil reposé voluptueusement

lourd

Chanson

chantée du haut de la plus haute tour

Refrain du condamné

de l’ oisive jeunesse

Tu me reviens toujours comme un écho

sans cesse

Je me rappelle

encor et encor et encor

Mais que la nostalgie est triste

au son du cor

Poésie

que de rime on commet en ton nom

La versification meurt

là, crénom de nom

Bien prosaïquement sous un ciel bas et

noir

Ode

anxieuse écriture écrite en cet ouvroir

L’ étrange loi forte

en sa potentialité

Fait jaillir de tes gonds un poème

agité